L'impression expliquée : formats, fichiers, papiers et finitions

Rubrique

Papiers et finitions : choisir le support et le rendu de ses impressions

Grammages, papier couché ou non couché, vernis, dorure, pelliculage, reliures : choisir le bon support et la bonne finition.

Choisir un papier d'impression revient à trancher trois questions : quel grammage (le poids en g/m²), quelle surface (couchée ou non couchée, mate ou brillante) et quelle finition ajouter après l'impression (vernis, pelliculage, dorure). Cette page rassemble les repères pour un flyer, une carte de visite, une brochure ou un document relié, avant de valider un devis avec un imprimeur.

Le grammage

Le grammage désigne le poids d'une feuille de papier rapporté à sa surface, exprimé en grammes par mètre carré (g/m²) : une feuille de papier de bureau classique pèse environ 80 g/m², ce qui signifie qu'un mètre carré de cette feuille pèse 80 grammes. Cette unité sert de référence universelle dans l'impression professionnelle, car elle permet de comparer deux papiers indépendamment de leur épaisseur visuelle ou de leur texture : deux feuilles de même grammage n'ont pas nécessairement la même épaisseur au toucher, notamment si l'une est couchée et l'autre non, mais leur poids par mètre carré reste identique.

Plus le grammage augmente, plus le papier gagne en épaisseur, en rigidité et en opacité. Sous les 100 g/m², un papier laisse en général transparaître ce qui est imprimé au verso, ce qui pose un problème pour un document imprimé recto verso. Le grammage du support influe aussi sur ce que la finition pourra apporter ensuite : un pelliculage ou une dorure à chaud demandent un papier assez épais pour bien tenir, un point détaillé plus loin sur cette page.

DocumentGrammage le plus courantPourquoi
Papier à lettre, document interne80 à 90 g/m²Poids et coût faibles, usage bureautique
Pages intérieures de brochure115 à 170 g/m²Bonne opacité, pages faciles à tourner
Flyer, dépliant135 à 170 g/m²Compromis entre tenue en main et coût de diffusion en nombre
Affiche intérieure170 à 200 g/m²Reste à plat sans support rigide
Couverture de brochure ou catalogue250 à 300 g/m²Protège le bloc de pages, donne une première impression solide
Carte de visite300 à 350 g/m²Rigidité et tenue en portefeuille ou porte-cartes

Ce tableau donne les valeurs les plus fréquemment proposées par les imprimeurs professionnels ; chaque prestataire garde ses propres paliers de grammage disponibles selon le papier choisi, à vérifier sur son gabarit ou son catalogue avant de valider une commande.

Couché ou non couché, mat ou brillant

Un papier couché a reçu, lors de sa fabrication, un revêtement de surface composé de pigments minéraux, en général du kaolin ou du carbonate de calcium, mélangés à des liants, selon Wikipédia. Cette couche vient combler les irrégularités de la fibre de papier et donner une surface plus lisse, plus blanche et plus réceptive à l'encre : le kaolin, dont les particules ont une forme de plaquettes hexagonales, couvre mieux la surface que certains carbonates de calcium aux particules allongées, ce qui lui confère davantage de brillant. Cette surface fermée limite l'absorption de l'encre à l'intérieur des fibres : l'encre reste davantage en surface, les points d'impression restent nets, et les couleurs ressortent plus vives, ce qui explique pourquoi le papier couché est privilégié pour les visuels détaillés, les photographies et les aplats de couleur.

Un papier non couché n'a reçu aucun traitement de surface : sa texture reste plus proche de la fibre naturelle, plus poreuse, ce qui lui donne un aspect et un toucher plus chauds. L'encre s'y imprègne davantage, avec un rendu plus doux et moins contrasté qu'un couché, mais un avantage pratique certain : ce type de papier accepte plus facilement l'écriture manuscrite et le tamponnage, ce qui le rend adapté aux documents administratifs, au papier à en-tête ou aux correspondances.

Le choix entre mat et brillant se pose surtout pour le papier couché, qui existe dans les deux finitions (le non couché reste par nature plus mat). Un couché brillant réfléchit la lumière, ce qui intensifie les couleurs et le contraste des photographies, mais peut créer des reflets gênants sous un éclairage fort et rendre un texte long plus fatigant à lire. Un couché mat absorbe davantage la lumière : il réduit ces reflets, facilite la lecture d'un document essentiellement textuel et donne un rendu jugé plus sobre et plus qualitatif par de nombreux imprimeurs, au prix de couleurs légèrement moins éclatantes qu'en brillant.

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L'erreur la plus fréquente

Choisir un papier couché brillant pour un document surtout composé de texte long, comme un rapport ou un dossier de plusieurs pages : les reflets de la lumière sur la surface brillante fatiguent la lecture. Un couché mat ou un non couché conviennent mieux dès que le texte prime sur l'image.

Papier recyclé

Un papier recyclé est fabriqué à partir de fibres de récupération, c'est-à-dire du papier déjà collecté après usage, plutôt qu'à partir de fibres vierges issues directement du bois. Plusieurs labels attestent, chacun selon ses propres critères, qu'un papier contient réellement des fibres recyclées ou provient d'une gestion forestière durable ; ils ne se recouvrent pas et répondent à des questions différentes.

FSC (Forest Stewardship Council) propose trois étiquettes distinctes, selon la documentation publiée par l'organisation : l'étiquette FSC 100 % identifie des produits faits uniquement de fibre vierge provenant de forêts certifiées FSC ; l'étiquette FSC Mixte s'applique à des produits combinant fibre vierge FSC, fibre dite « contrôlée » (un bois vérifié comme présentant un faible risque d'exploitation illégale ou d'autres pratiques inacceptables) et éventuellement des matières recyclées ; l'étiquette FSC Recyclé, elle, identifie des produits faits à 100 % de fibre recyclée, ce que ne garantit aucune des deux autres étiquettes. Un produit FSC Mixte doit contenir un minimum de 70 % d'apports FSC certifiés et/ou de matière post-consommation, le reste provenant de bois contrôlé ou de matière récupérée en amont, selon la documentation de l'organisation.

PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières) certifie de son côté une chaîne de contrôle du bois, du propriétaire forestier jusqu'à l'entreprise qui vend le produit final, selon PEFC France. Le référentiel PEFC pour la chaîne de contrôle définit une méthode de pourcentage : le contenu certifié d'un groupe de produits est calculé sur une période de déclaration donnée, et affiché sous forme de mention « certifié PEFC X % » sur la base des matières premières entrant dans la composition du produit.

Le label Ange Bleu (Blauer Engel), créé par le gouvernement fédéral allemand en 1978, s'applique entre autres au papier à copier recyclé et garantit, selon l'analyse publiée par l'Ademe, que le papier est produit uniquement à partir de papier de récupération, avec des substances dangereuses pour la santé ou l'écotoxicité aquatique limitées ou interdites lors de la fabrication, ainsi que des seuils sur les émissions de composés organiques volatils pour le papier destiné à être imprimé. À la différence de FSC et PEFC, qui portent d'abord sur la traçabilité de la fibre (vierge ou recyclée, mais toujours issue d'une gestion tracée), l'Ange Bleu porte spécifiquement sur le fait que le papier est entièrement recyclé.

Sur le plan réglementaire, la responsabilité élargie du producteur (REP), un principe inscrit dans le code de l'environnement et étendu aux papiers graphiques en 2007, s'applique à tout imprimé papier d'un grammage inférieur ou égal à 224 g/m² mis sur le marché français : les brochures, prospectus, catalogues, magazines, mailings, papiers à en-tête et affiches en font partie, selon Citeo, l'éco-organisme agréé chargé de collecter la contribution financière correspondante. Cette contribution finance la collecte et le recyclage du papier une fois qu'il devient un déchet, indépendamment du fait que le papier d'origine ait été lui-même recyclé ou non.

Vernis (total, sélectif)

Le vernis est une finition liquide appliquée après l'impression, qui forme une couche transparente une fois séchée. Un vernis total, ou vernis pleine page, couvre l'ensemble de la surface imprimée : il protège le document et peut lui donner un aspect plus brillant ou plus mat selon le type de vernis choisi, un rôle proche de celui du pelliculage détaillé plus loin, mais réalisé en une couche liquide plutôt qu'en un film plastique laminé.

Le vernis sélectif, à l'inverse, s'applique uniquement sur une zone précisément délimitée du document, par opposition au vernis qui couvre toute la surface. Cette technique dépose une résine transparente, en général via un procédé sérigraphique, puis la durcit par exposition à des lampes ultraviolettes. L'effet recherché est double : visuel, la zone vernie brillante accroche la lumière différemment du reste du support et attire l'œil sur un logo, un titre ou une illustration ; et tactile, un léger relief se fait sentir au doigt sur la zone traitée. Une variante appelée vernis 3D dépose une couche nettement plus épaisse, ce qui accentue le relief perçu au toucher par rapport à un vernis sélectif classique, plus fin.

Techniquement, préparer un fichier pour un vernis sélectif suppose de fournir à l'imprimeur un fichier séparé, en plus du fichier de quadrichromie habituel : ce second fichier ne contient que les zones à vernir, en aplat de noir 100 %, sans aucune trame ni couleur (pas de cyan, magenta ou jaune), afin que les deux fichiers se superposent exactement l'un sur l'autre lors de l'impression.

FinitionPrincipeRendu
Vernis totalCouche liquide sur toute la surface, durcie aux UVProtection et aspect brillant ou mat uniforme
Vernis sélectifCouche liquide sur une zone précise seulementContraste brillant/mat localisé, léger relief au toucher
Vernis sélectif 3DDépôt de vernis plus épais sur la zone choisieRelief nettement plus marqué, effet tactile fort

Pelliculage

Le pelliculage, aussi appelé laminage ou plastification, consiste à ajouter sur toute la surface du support imprimé une fine couche de plastique transparent, après l'impression. Il existe principalement en deux finitions courantes, brillante et mate, auxquelles s'ajoute une variante appelée soft touch. Le pelliculage brillant donne un aspect lumineux au support et fait ressortir les couleurs vives ; il est aussi apprécié pour sa résistance aux rayures. Le pelliculage mat donne un effet jugé plus haut de gamme et plus sobre, au prix d'une sensibilité un peu plus marquée aux traces de doigts, en particulier sur les couleurs foncées ; il convient bien à un support contenant davantage de texte. Le pelliculage soft touch, parfois appelé « peau de pêche », offre une surface extra-mate et un toucher velouté, distinct visuellement mais surtout au toucher d'un pelliculage mat classique ; il s'agit d'un pelliculage un peu plus épais que les deux précédents.

La fonction première du pelliculage est de rigidifier et de protéger le support imprimé, contre les rayures, l'humidité ou les taches, avant même d'être un choix esthétique. Le pelliculage s'applique en général sur des papiers assez épais : un support trop fin ne bénéficie pas pleinement de cette rigidification et peut se déformer davantage que sans pelliculage. Un point pratique à anticiper avant de choisir un pelliculage brillant : il n'est ensuite plus possible d'écrire ou de tamponner sur la surface plastifiée, contrairement à un support resté simplement couché ou non couché.

Dorure à chaud et marquage

Le marquage à chaud, aussi appelé dorure à chaud lorsque la couleur employée est l'or, est une technique qui consiste à transférer, par haute température, une feuille métallique ou un film pigmenté sur une surface, selon Wikipédia. Le procédé apparaît au XIXe siècle et s'est diversifié depuis ; il reste aujourd'hui l'une des finitions applicables après l'impression d'un support papier, carton ou PVC.

Concrètement, une matrice métallique est gravée en négatif avec le motif ou le texte à marquer, puis montée sur une presse et chauffée à une température qui se situe le plus souvent entre 100 et 200 degrés, parfois davantage selon les fournisseurs de ce type de prestation. Un rouleau de film métallisé ou coloré est inséré entre la matrice chauffée et le support à marquer ; la pression et la chaleur détachent les parties concernées du film de son support d'origine et les fixent sur la surface imprimée. Le film métallisé donne un aspect brillant, disponible en plusieurs teintes métalliques comme l'or, l'argent, le bronze ou le cuivre ; un film non métallique, composé d'une base d'adhérence et d'une couche de couleur, donne un rendu pigmenté sans effet métallique, mat ou brillant selon le film choisi.

La forte pression exercée par la matrice chauffée produit, sur un support suffisamment épais, un léger relief en plus du transfert de couleur : cet effet, parfois combiné volontairement au marquage à chaud, s'apparente au gaufrage. Le marquage à chaud peut couvrir la totalité d'une surface ou, comme pour le vernis, se limiter à une zone précise, un logo ou un titre par exemple ; il s'applique le plus fréquemment sur une carte de visite ou sur la couverture d'un livre, d'un catalogue ou d'une brochure.

Reliures (piqûre à cheval, dos carré collé, spirale)

Pour un document de plusieurs pages, comme une brochure, un catalogue ou un livret, le mode de reliure choisi change à la fois la durée de vie du document, son confort de manipulation et l'image qu'il renvoie. Trois familles dominent les demandes courantes.

La piqûre à cheval repose sur des agrafes métalliques posées dans le pli central de feuilles imbriquées les unes dans les autres : les pages sont pliées en deux, glissées à cheval sur ce pli, puis agrafées au centre, en général avec deux points métalliques. Le résultat est un livret fin et plat, qui s'ouvre facilement et se produit rapidement, sans temps de séchage. Cette reliure impose toutefois un nombre de pages multiple de quatre, une conséquence directe du pliage des cahiers, et reste réservée aux paginations modestes : au-delà d'un certain volume, les pages centrales dépassent légèrement et l'ouverture force sur les agrafes.

Le dos carré collé empile les feuilles à plat les unes sur les autres, puis encolle la tranche pour former un bloc compact, avant qu'une couverture vienne envelopper ce bloc et créer un dos plat sur lequel un titre peut être imprimé. Cette reliure encaisse bien les fortes paginations et accepte un nombre de pages pair ou impair, contrairement à la piqûre à cheval. En contrepartie, la colle demande un temps de séchage qui allonge légèrement la production, et le document ne s'ouvre pas complètement à plat, la tranche collée créant une résistance vers le centre.

La reliure spirale, ou Wire-O pour sa variante métallique en double boucle, perce une série de trous sur le bord du document et y insère un peigne plastique ou un fil métallique continu. Les feuilles tiennent par cet anneau, sans collage ni agrafe, ce qui autorise une ouverture complète à plat, voire un rabat à 360 degrés d'une page derrière l'autre. Cette reliure convient bien aux documents consultés fréquemment et annotés, comme un support de formation ou un carnet, et n'impose ni épaisseur minimale ni multiple de pages. Elle laisse en revanche moins de possibilités esthétiques sur la tranche, aucun titre ne pouvant y être imprimé, et ajoute un léger volume de stockage lié à l'anneau.

ReliurePoint fortLimite principale
Piqûre à chevalRapide, économique, ouverture facilePagination modeste, multiple de quatre
Dos carré colléSolide sur forte pagination, image soignéeÉpaisseur minimale requise, n'ouvre pas totalement à plat
Spirale ou Wire-OOuverture à plat à 360 degrés, pagination librePas de titre imprimable sur la tranche
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Exemple concret

Une association prépare un livret de 24 pages pour son assemblée générale annuelle. Une piqûre à cheval convient parfaitement puisque 24 est un multiple de quatre, la pagination reste modeste et le document sera lu une seule fois puis archivé : pas besoin d'un dos carré collé, réservé aux documents plus épais ou destinés à durer sur une étagère.

Questions fréquentes

Quel grammage choisir pour une carte de visite ?

Le grammage le plus courant se situe entre 300 et 350 g/m², un poids suffisant pour donner à la carte une rigidité qui tient en portefeuille ou en porte-cartes sans se corner. Vérifiez toujours le gabarit exact proposé par votre imprimeur, les paliers disponibles pouvant varier d'un prestataire à l'autre.

Papier couché ou non couché : lequel choisir pour un flyer avec des photos ?

Un papier couché convient mieux à un flyer riche en photographies ou en aplats de couleur, car sa surface traitée retient mieux l'encre en surface et donne des couleurs plus vives et des détails plus nets. Un non couché reste préférable pour un document surtout textuel, destiné à être annoté ou tamponné.

Quelle est la différence entre un vernis total et un vernis sélectif ?

Le vernis total couvre l'ensemble de la surface imprimée, tandis que le vernis sélectif ne s'applique que sur une zone précisément délimitée, en général pour créer un contraste visuel et tactile avec le reste du support, par exemple sur un logo ou un titre.

Le pelliculage empêche-t-il d'écrire sur le document ?

Oui pour un pelliculage brillant ou mat classique : la surface plastifiée n'accepte ni l'écriture au stylo ni le tamponnage. Un support qui doit rester manuscrit ou tamponnable se passe en général de pelliculage, ou reste en papier non couché sans traitement de surface.

À partir de combien de pages choisir un dos carré collé plutôt qu'une piqûre à cheval ?

Il n'existe pas de seuil universel : la piqûre à cheval impose surtout un nombre de pages multiple de quatre et perd sa tenue sur les paginations élevées, tandis que le dos carré collé demande une épaisseur minimale pour que le dos soit encollé proprement. Un document fin part naturellement vers la piqûre, un document épais vers le dos carré collé ; le gabarit de l'imprimeur précise les seuils exacts pour chaque grammage.

Un papier FSC est-il forcément recyclé ?

Non. Seule l'étiquette FSC Recyclé garantit 100 % de fibre recyclée. L'étiquette FSC 100 % désigne des fibres vierges issues de forêts certifiées, et l'étiquette FSC Mixte un mélange de fibre vierge FSC, de bois contrôlé et éventuellement de matière recyclée, avec un minimum de 70 % d'apports FSC ou post-consommation.

Un imprimé de moins de 224 g/m² est-il toujours concerné par une contribution de recyclage ?

Oui en principe : la responsabilité élargie du producteur, prévue par le code de l'environnement, concerne tout imprimé papier dont le grammage est inférieur ou égal à 224 g/m² mis sur le marché français, quel que soit le volume, selon Citeo. Au-delà de ce grammage, le papier relève d'un régime différent ; en cas de doute sur un document précis, mieux vaut vérifier directement auprès de l'éco-organisme.